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Génération poussière | 7 (nos textes sur nos blogs)

mardi 11 septembre 2012, par sebmenard

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troisième version

(...) On était cette génération qui écrivait ses textes dans le train entre deux boulots — nos doigts appuyaient sur les écrans crasses et clairs de nos machines — de temps à autre on regardait derrière la vitre et alors on voyait le monde défiler à la vitesse des rails.

On avait nos bouquins dans la poche et on les lisait avant que la fatigue nous écrase après les heures du jour ou encore au réveil les yeux raides et le corps froid — ensuite — on courait vers la gare et encore suant dans le wagon on finissait nos bouquins — et le jour se levait.

Est-ce qu’on allait pouvoir dire l’essentiel ?

Est-ce qu’on allait tenir ?

Est-ce qu’on allait tenir comme ça ?

On était cette génération qui remplissait un blog avant d’y penser — on avait nos mots — comme ça.

Est-ce qu’on pensait vraiment ?

Est-ce qu’on savait ?

On était cette génération qui signait des contrats pour deux mois et treize jours et qui racontait ça avec des mots — et le soir alors — il arrivait qu’on braille nos textes seuls dans le salon de nos appartements (...)


seconde version

(...)On était cette génération qui écrivait ses textes dans le train entre deux boulots — nos doigts appuyaient sur les écrans crasses et clairs de nos machines — de temps à autre on regardait derrière la vitre et alors on voyait le monde défiler à la vitesse des rails.

On avait nos bouquins dans la poche et on les lisait avant que la fatigue nous écrase après les heures du jour ou encore au réveil les yeux raides — ensuite — on courait vers la gare et suant dans le wagon on finissait nos bouquins — le jour se levait.

Est-ce qu’on allait pouvoir dire l’essentiel ? Est-ce qu’on allait tenir même si c’était debout dans le vent est-ce qu’on allait tenir ?

On était cette génération qui remplissait son blog avant d’y penser — on avait nos mots comme ça — est-ce qu’on y pensait vraiment ? — est-ce qu’on savait — ce que c’était ?

On était cette génération qui signait des contrats pour deux mois et treize jours et qui racontait ça avec des mots (il arrivait même qu’on braille nos textes tout seul dans le salon de nos appartements) (...)


première version

(...) On était cette génération qui écrivait ses textes dans le train entre deux boulots — nos doigts appuyaient sur les écrans crasses et clairs de nos machines — de temps à autre on regardait derrière la vitre et alors on voyait le monde défiler à la vitesse des rails

On avait nos bouquins dans la poche et on les lisait avant que la fatigue nous écrase après les heures du jour au réveil les yeux raides — ensuite on courait vers la gare et suant dans le wagon on finissait notre lecture de la nuit

(est-ce qu’on allait pouvoir dire l’essentiel alors est-ce qu’on allait tenir même si c’était débout dans le vent)

On était cette génération qui remplissait son blog avant d’y penser on avait nos mots comme ça — est-ce qu’on y pensait vraiment est-ce qu’on savait — ce que c’était

On était cette génération qui signait des contrats pour deux mois et treize jours et qui racontait ça avec des mots (il arrivait même qu’on braille nos textes tout seul dans le salon de nos appartements) (...)

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