journal permanent | 4 avril 2014

vendredi 4 avril 2014, par sebmenard

En observant la carte des oloé je découvre que les miens se situent tous en Europe ou bien au Moyen-Orient – je répare ça dans la foulée en ajoutant un autre au Maghreb – malgré ça : il sera temps bientôt d’aller plus loin (et cette bouffée d’air seulement le penser – à mettre dans la balance avec les propositions de taf récentes – et ce que nos choix signifient).


Tanger c’était comme le personnage d’un bouquin – nous étions arrivés en août et on s’était posé directement dans la Pension Fuentès – en fait ça c’était passé comme ça : nous avions fait une petite fête à Nantes en France – on avait pris un train pour le Sud – nous avions fait une grosse fête à Irun en Espagne – et on avait dormi sur une falaise et dans le vent – c’était magnifique – puis on avait fait une petite fête pendant la nuit dans un train pour Madrid – puis nous avions dormi jusqu’à Algésiras – nos sacs étaient beaucoup trop lourds et je portais autant d’histoires en moi – alors on avait choisi la Pension Fuentès – nous étions persuadés que Jack Kerouac était venu là – sans doute qu’on l’avait inventé mais ce n’était pas important : puisque ça suffisait pour notre histoire – la chambre était immonde et la douche rouillée – mais c’était magnifique – le vent chaud s’engouffrait dans les couloirs et entre les murs – on entendait la ville en bas – les types dans l’hôtel parlaient fumaient buvaient leur thé – j’avais un petit carnet beaucoup trop gros pour écrire dedans – je veux dire : la tranche faisait presque deux centimètres et poser la main dessus était très difficile – mais j’étais persuadé qu’on pouvait écrire ainsi dans la chambre de la Pension Fuentès à Tanger un poème – et que ce poème serait dingue et narratif et chaud et ferait 1000 pages – je ne sais plus ce que j’ai écrit à la Pension Fuentès – mais je me rappelle très bien cette place qui s’appelle le Petit Socco — je ne sais plus ce que racontait le poème de la Pension Fuentès – je me souviens des mots poissons et thé à la menthe – je me souviens du titre d’un livre Le Vieil homme et la mer – et que la Pension Fuentès était le chapitre d’un récit.


Ce carnet est juste là – sous le bureau – je n’ouvre jamais ces vieux carnets – presque jamais – mais ils sont là.


J’avais mis de côté l’expression botte à images : je ne sais plus quoi en faire mais je sais que l’écrire dans ce journal – c’est un pas.


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