Monstre des chemins | 25

jeudi 13 août 2015, par sebmenard

texte fusionné avec le monstre 28

Je suis un monstre des chemins quand je traverse des vents des soleils et des bleds — je suis un monstre des chemins quand notre ombre disparaît sous nos corps et tremble elle-même des pierres et des poussières — je suis un monstre des chemins quand les portes des shops s’ouvrent devant nos mains crasses et que nos sacs craquent des légumes et des morceaux de nos ventrées — je suis un monstre des chemins quand une langue parle et qu’elle se déchiffre entre nos yeux nos suées — je suis un monstre des chemins à l’ombre d’un arbre et qui écoute une bagnole quelque chose un cheval ses sabots dans les quarante degrés des jours d’été — je suis un monstre des chemins quand le soir arrive et qu’on se pousse encore plus loin sur une colline et qu’on entend le soleil descendre vers l’Ouest — je suis un monstre des chemins allongé dans les herbes sèches des plaines de l’Est et qui respire en écoutant des nuages et des peaux — des bêtes et des routes — des désirs et des silences.

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