Une jeep seule à un carrefour

mardi 5 avril 2011, par sebmenard

seconde version

Une jeep seule [1] à un carrefour — mais tu n’avais pas vu les autres [2] — et trois types et leurs fusils [3] dans le soleil — mais tu n’avais pas vu les autres — et les voitures toutes alignées [4] qui attendent qu’on dise allez-y d’un signe de la main.


première version

une jeep seule à un carrefour (1) - mais tu n’avais pas vu les autres (4) - et trois types et leurs fusils dans le soleil (5) - mais tu n’avais pas vu les autres - et les voitures toutes alignées qui attendent qu’on dise allez-y (6) d’un signe de la main

1. tu avais fait toute la route seul dans le soleil et tu avais les mains serrées sur le volant en plastique du petit quatre quatre blanc (2) au bout d’une langue de bitume bien chaude soleil - il y avait une jeep seule à un carrefour et c’est un mensonge (3)

2. il y avait un paquet de cigarettes vide tu te rappelles très bien du paquet de cigarettes vides - tu ne te souviens pas de la marque de ce paquet de cigarettes - mais tu te souviens très bien de ça : il y avait un paquet de cigarettes vide dans le vide poche de la porte conducteur du petit quatre-quatre blanc

3. il n’y avait pas de carrefour tu dis vraiment n’importe quoi - tu dis vraiment n’importe quoi la jeep était là sur le bitume on la voyait de loin et les drapeaux dans le ciel

4. sous les drapeaux il y en avait d’autres finalement elles étaient pas mal les jeeps à attendre au soleil toutes brunes brunes et poussières avec les antennes avec les drapeaux et quelques types et leurs fusils mitrailleurs

5. c’est chaque fois pareil - ils sont là qui attendent souvent il y en a un qui pointe son arme comme ça contre les bagnoles qui passent - pas qu’il pourraient appuyer sur la gâchette comme ça d’un seul coup - mais il a toujours le doigt sur la gâchette tu l’avais bien vu lui - le ciel était bleu bleu et doux il attendait sous le soleil et le doigt sur la gâchette

6. il y a quelques bidons couleurs terre quelques cabanes en ferraille il y a la poussière il y a les jeeps et les fusils mitrailleurs - il y a les drapeaux dans le ciel il y a les types qui sont là à pied qui parlent parlent il y a les types qui portent des sacs plastiques ils transpirent sur le bitume - il y a les haut-parleurs sur les poteaux il y a les radios les types qui parlent dans des micros il y a des bagnoles qui accélèrent et d’autres arrivent lentes - il y a les types qui prennent un passeport et jettent un coup d’œil dessus en gardant un doigt sur la gâchette il y a les types qui partent avec des passeports - il y a les types qui reviennent avec des passeports il y a les types qui font le tour des bagnoles ils regardent à travers les vitres un doigt sur la gâchette il y a le soleil il y a le vent chaud qui s’engouffre à travers les vitres ouvertes et la voix de ce type qui te demande ce que tu viens faire là et si tu as une raison au moins une bonne raison - de venir ici.

Notes

[1] (...) tu avais fait toute la route seul dans le soleil et tu avais les mains serrées sur le volant en plastique du petit quatre quatre blanc au bout d’une langue de bitume bien chaude soleil il y avait une jeep seule à un carrefour et c’est un mensonge (...)

(...) il y avait un paquet de cigarettes vide tu te rappelles très bien du paquet de cigarettes vides — tu ne te souviens pas de la marque de ce paquet de cigarettes — mais tu te souviens très bien de ça : il y avait un paquet de cigarettes vide dans le vide poche de la porte conducteur du petit quatre quatre blanc (...)

(...) il n’y avait pas de carrefour tu dis vraiment n’importe quoi — tu dis vraiment n’importe quoi la jeep était là sur le bitume on la voyait de loin et les drapeaux dans le ciel (...)

[2] (...) sous les drapeaux il y en avait d’autres finalement elles étaient pas mal les jeeps à attendre au soleil toutes brunes et poussières avec les antennes avec les drapeaux et quelques types et leurs fusils mitrailleurs (...)

[3] (...) c’est chaque fois pareil — ils sont là qui attendent souvent il y en a un qui pointe son arme comme ça contre les bagnoles qui passent — pas qu’il pourraient appuyer sur la gâchette comme ça d’un seul coup — mais il a toujours le doigt sur la gâchette tu l’avais bien vu lui — le ciel était bleu bleu et doux il attendait sous le soleil et le doigt sur la gâchette (...)

[4] (...) il y a quelques bidons couleur terre quelques cabanes en ferraille il y a la poussière il y a les jeeps et les fusils mitrailleurs — il y a les drapeaux dans le ciel il y a les types qui sont là à pied qui parlent parlent il y a les types qui portent des sacs plastiques ils transpirent sur le bitume — il y a les haut-parleurs sur les poteaux il y a les radios les types qui parlent dans des micros il y a des bagnoles qui accélèrent et d’autres qui arrivent lentes — il y a les types qui prennent un passeport et jettent un coup d’œil dessus en gardant un doigt sur la gâchette il y a les types qui partent avec des passeports — il y a les types qui reviennent avec des passeports il y a les types qui font le tour des bagnoles ils regardent à travers les vitres un doigt sur la gâchette il y a le soleil il y a le vent chaud qui s’engouffre à travers les vitres ouvertes et la voix de ce type qui te demande ce que tu viens faire là et si tu as une raison au moins une bonne raison — de venir ici (...)

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