Prise de notes

mercredi 2 décembre 2015, par SebMénard

Quand elles surgisent écrit Constantin Cavafis — oui les mots sans doutes — les attraper.

Au matin quand on a cette phrase en bouche ou ce morceau de langue — allumer la machine et taper là — dans le noir peut-être encore — ou bien alors que les premiers rayons du soleil chauffent déjà l’atmosphère — assis par exemple et taper sur le clavier posé sur le matelas — sortir d’une cabane et s’asseoir dans l’herbe.

Au soir — quand la fatigue terrasse nos corps nos langues mais on a encore une secouée de mots là — des formes ça ressemble à des mots dans un carnet — quelques idées tapées à la volée sur l’iPod — souvent c’est dans un flou un brouillé de langue : difficile de se relire — le tracé des lettres tremble et change le sens des mots — l’iPod corrige et transforme seul — mais la note est prise.

Sur le vélo — on avance on avance — une idée — une piste — s’arrêter (prendre le temps de s’arrêter — se permettre de s’arrêter) — un bas-côté — l’entrée d’un champ — écrire dans le carnet quelques pistes — puis reprendre la route.

Il faudrait faire la liste des lieux des situations : lors d’un repas - en attendant un ferry — devant un shop — en cherchant un chemin — devant une carte — au bord de l’asphalte — sur le fleuve — au coin d’un lac — derrière les feux — sous un arbre — dans un café — à la sortie d’un bled — contre un mur…

Aujourd’hui — je tenais cette phrase : l’oeil et la bouche comme nos jambes écrivent. Je ne sais pas quoi en faire. Et donc l’appareil à faire des images.

Et on aurait déclenché l’obturateur de nos machines sur un mur qui porterait ces mots :

l’oeil et la bouche

comme nos jambes

écrivent.

SPIP | squelette | | soutenir les auteurs | ISSN 2495-6910 | Suivre la vie du site RSS 2.0