Looser magnifique

mardi 8 décembre 2015, par sebmenard

Nous étions partis chercher le poème — chercher la route — chercher le jour — chercher les pluies l’image et le récit — chercher l’affonnement — chercher l’appuiement — la dinguerie — les shops néons bleus dans le noir — et les herbes hautes soufflées par le vent chaud. Nous étions partis chercher les bêtes — chercher notre héros un asphalte et des liquides — chercher des ombres — des rocs et des mers — nous étions partis chercher le nom des vents — celui des Hommes — et notre respiration. Nous étions partis chercher nos tremblées nos saquées nos suées — la forme d’une cabane — celle d’un chemin — les semences de quelques légumes lointains et des mots pour nos carnets. Nous étions partis chercher des signes — quelques rituels à ramener des lointains — des limites introuvables à des territoires déjà effacés — peut-être aussi : des fumées d’indiens entre les étoiles.

Finalement ce sera l’histoire d’un roman qui ne démarre pas — un récit sans personnage car ils sont trop — ils apparaissent puis filent comme toujours. Un récit lui-même looser magnifique et tendre — déclamatoire peut-être — sans virgule et tout soufflé — une grande question de souffle cette affaire de mots. Quant au héros moderne — féministe écologiste philosophe — végétarien — nous n’étions peut-être tout simplement pas prêt — nos yeux ne l’ont pas vu — simplement : marcher dans sa trace.

Et donc.

Brame.

Bref.

Bruit.

Brouette.

Brame c’est mieux non.

Brassée.

Une brassée de mot ce récit qui ne veut pas finalement démarrer (mais l’as-tu seulement vu filer son chemin tout seul — de récit tu n’en sais rien toi — voilà qu’il te parle).

Brassée.

Brossée.

Broumf.

Braise.

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