Lointains & possibles (8)

mardi 1er novembre 2016, par sebmenard

S’ils n’ont rien pour la nuit, alors ils passent la nuit dehors. Ils arpentent. Ils entrent dans les cafés, les clubs. Ils posent leurs sacs. Ils mangent, lentement. Ils écoutent les sons. Les sons des villes, les sons des clubs, les sons des corps. Ils marchent dans le jaune orange et le noir. Leurs pas sur l’asphalte. Ils s’assoient sur des marches. Ils regardent les taxis passer. Ils traversent des ponts, ils attendent les brumes. Ils traversent des tunnels et des passages couverts. Ils passent leurs mains sur les murs. Ils essuient des larmes : c’est le froid qui les fait couler. Ils finissent par écouter leurs propres pas dans les rues vides. Ils lisent le nom des rues et cherchent les dernières portes ouvertes. Ils traversent des places et des parcs. Quand le jour vient, ils trouvent un balcon, une terrasse. Ils posent leur sac, un matelas, un tissu. Ils s’allongent. Ils s’endorment là, leur tête sur leur sac, leurs mains sur le ventre. Corps les uns contre les autres. Leur visage sourit. Ils dorment.

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