journal permanent | 31 décembre 2016

samedi 31 décembre 2016, par sebmenard

Recopier tout le texte de Thomas Vinau :

 « Le bleu de l'hiver marche sur un tapis de cris d'oiseaux. Le bébé dort. Hier j'ai planté un olivier avec son frêre. Nous avions de la terre bien grasse et bien soyeuse sur les mains et les pieds. Comme du chocolat tout autour de la bouche. Je n'ai presque rien à écrire. Le chien est vieux. La lumière douce. Je me tairai bientôt peut être. J'irai finir ce livre, de Delteil dans lequel il écrit " Entre nous j'ai ma théorie sur Rimbaud, une théorie toute paysanne : il est parti après le travail tout simplement après fortune faite (fortune de poésie). "Ma journée est faite !" Aprés La saison en enfer, la saison au Harrar, rien de plus." Pour écrire il faut avoir quelque chose à murmurer. Un secret, une chanson, une insulte, une prière. Je n'ai presque rien à écrire. C'est un jour à boire encore et encore du café. A promener sa vieille peur domestique en laisse. A tenter une musique maladroite, fragile, sur un piano déréglé. A dire à sa femme qu'on l'aime. A boire à son sexe et à son sourire. A lui redire. J'aimerai être archéologue. Ou jardinier. Ou menuisier. Savoir sans les mots. J'ai besoin de temps. De silence. Les oiseaux viennent de partir.  »


grand blanc sur la route
je photographie le blanc

je goûte le blanc
j’écoute le vent froid froid

la claque
tout file
et feu de bois

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