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Dubost, Jean-Pascal | Et leçon et coutures

jeudi 13 juillet 2017, par SebMénard

 « Jack Kerouac Où donc part-on quand on a n’y va pas mais s’y rue tous les chaque matins vite feu sur le jour d’huy, si que le monde a tout d’un compte de faits divers et d’idiots qui tirent la bobinette et boum une bombe tombe, et hop les fleurs sautent de joie, mais mince les forêts reculent, et vu qu’on naît toujours à la place du mort, aussi là seul si seul là, cap sur le terme, et d’une très-physique expiration et en soufflant profondément n’y allons pas, croire qu’on n’y va pas, vu qu’on y va — »

p. 22

 

 

 

 « Allen Ginsberg SVP, ne bridez le salopin et cossard et glandeur et canaille et crapule et chenapan et fripouille et vaurien et garnement et pinocchio et galopin et coquin et polisson et filou et gredin et forban et froutin et sacripant et morveux et brigand et lascar et mutin et coquillard et renégat et gueux, car quia cru, croîtra bien encore de ces sortes à chaque fois que poème et chapardera toutes encore les paroles malotrues qui traînaillent et nécessaires, et par là deviendra la conséquence, la somme des tensions d’une époque qui tombent dans la pauvre prose humaine histoire de nous dérégler la syntaxe, cela que, dès orendroit, mais comme toujours, on me dise : on ne comprend rien à ce que vous écrivez — »

p. 24

 

 

 

 « Daniel Biga Un livre a commencé son voyage de pages dévorant dans le temps perdu de vivre dans le temps, mais dans le même temps de vivre de et dans son temps perdu quoique gagné de l’escrivivir, or doncques on peut s’amphigourer complètement dans une langue de porcs propres emmerdeuse et -dante et non claire comme de l’eau de Roche, car le difficile est farouche et le difficile est mon risque et l’informe est tant nous et pas une aide précieuse pour relever les compteurs d’heures creuses et d’heures pleines et numéroter vos abattoirs — »

p. 28

 

 

 

 « Valérie Rouzeau À la minute et justement à l’instant pardurable, sacré borde de joye, on doit emprunter l’issue de recours à ces jeux de fous qui mettent le feu aux joues dans de graves ritournelles et des contre-muses et des rimes de chambre d’enfants savantes, et qui, pour l’honneur des compétences non obligatoires décréditées, portent en des temps humains très denses contre la mort qui sait taire chacun de nous autres entre tous, et donnent à manger, par la cime, les arbres, et par les pétales, les pissenlits, et sit tibi terra levis — »

p. 32

 

 

 

 « Joie-Ha : le préfacier du livre de l’Anglais Fynn, Anna et Mister God, Vernon Sproxton, qualifie le livre qu’il préface de « livre-ha ! » : « Les livres-ha ! sont ceux qui déterminent, dans la conscience du lecteur, un changement profond. Ils dilatent sa sensibilité d’une manière telle qu’il se met à regarder les objets les plus familiers comme s’il les observait pour la première fois. Les livres-ha ! galvanisent. Ils atteignent le centre nerveux de l’être, et le lecteur en reçoit un choc presque physique. Un frisson d’excitation le parcourt de la tête aux pieds ». C’est la raison d’être de ces Coutures.) »

p. 44

 

 

 

 « Henry David Thoreau Car on arrive à tout moment à l’incertain moment de son âge d’homme et, forestier à soi-même devenu par la faiblesse des choses (dont soi) cultivant fantasmes sur fantasmes de devenir, n’obtenant que pourriture et fioritures et factures, on rerêve et on remet ça, et c’est reparti revivre en incivil ouf et hors-monde, s’étant assuré à mort que tourner autour d’un pot sans fond réservait des moment exquis — »

p. 95

 

 

 


Dubost, Jean-Pascal, 2012, Et leçon et coutures, Éditions Isabelle Sauvage.

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