journal permanent | 13 octobre 2017

vendredi 13 octobre 2017, par sebmenard

Toujours dans le Refonder.

 « je me pose la question depuis quelques semaines, mais non, je ferai tout mon possible pour ne pas faire un autre job qu’écrire (en plus de celui de grimpe), je vais me démerder. la prise de risque est là aussi, pas seulement vocationnelle, esthétique.
quand on se sait ne pas savoir faire autre de chose de plus judicieux de sa vie, ne pas savoir faire mieux ailleurs, le choix ne se pose finalement tout simplement presque pas. »

plus loin : notion de « Waldgänger » (lire Jünger) /

« recours aux forêts pour celui qui se sent en indépendance ou en devoir de résistance ».

et les deux citations qui suivent, d’importance :

 « Nous avons vu que la grande surprise des forêts est la rencontre avec soi-même, le noyau inaltérable du moi, l’essence dont se nourrit le phénomène temporel et individuel. »

Ernst Jünger, in. Le traité du rebelle ou le recours aux forêts dans Essai sur l’homme et le temps, trad. Henri Plard

et enfin :

 « Il existe sans doute au cœur de Manhattan des gens qui se débrouillent pour mener une existence aussi indépendante et érémitique que le prospecteur errant à travers la toundra recouverte de lichen que A.Y. Jackson aimait tant à peindre au nord du lac de la Grande Ourse. Tout est donc probablement question d’attitude. »

Glenn Gould, Contrepoint à la ligne

Et c’est étonnant de croiser à nouveau ici Glenn Gould (puisque lisant en début de semaine Churchill, Manitoba d’Anthony Poiraudeau, citant le passage de Gould à Churchill) (et, préparant un documentaire de création sonore, le même écho avec la recherche de Gould vers le Nord).


Course à pied : c’est comme réapprendre. Et ça se fait en intelligence. Cette cheville après sa bonne quinzaine d’entorses est en mauvais état, c’est confirmé par l’osthéopathe… Mais apprendre à nouveau comme courir. Ménager. Aller plus doucement. Et surtout : poser correctement le pied. J’essaie de muscler à nouveau tout ça. Après les pentes des Pyrénées (aucun problème là-bas) en marche — à nouveau le rythme de la course. J’y trouve toujours quelque chose. Rien d’extraordinaire, c’est une simple question de rythme, de souffle, de vide.


Paul Valéry :  « Le langage s’use en nous. » (Le bilan de l’intelligence, Allia, p. 56)

Albane Gellé :  « vivrécrire » (303, n°123, p. 18)

Antoine Emaz :  « On ne demande pas au poète de prouver qu’il sait écrire. On lui demande seulement de vérifier que son écriture est nécessaire pour autrui. » (303, n°123, p. 37)

Emaz, encore :  « (…) qu’est-ce qu’on peut encore sauver, lucidement, de la désillusion ? »

et Martin Page : « C’est notre faim qui nous sauve. » (303, n°123, p. 44) 

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