Le dit de Io

jeudi 30 novembre 2017, par SebMénard

 

 

 

“Par exemple le Borago, qu’on appelle en Crète « herbe des mélancoliques ». Cette mauvaise herbe parasite aux petits fleurs violettes est utilisée depuis l’Antiquité comme infusion pour ses propriétés antidépressives. Déjà Dioscoride et Galène la recommandaient, mais on avait toujours pensé à un placebo. Les scientifiques ont découvert récemment que la molécule contient un principe actif riche en oxydes gammalinoléniques, précieux pour les maladies cardio-vasculaires, avec des propriétés tranquillisantes et en même temps toniques que les sociétés pharmaceutiques synthétisent chimiquement pour produire des antidépresseurs courants.”
Tabucchi, Antonio, Voyages et autres voyages, traduction de Bernard Comment, Gallimard/L’Imaginaire.

 

 

 

(…) Je ne sais pas ce que fait Io. Je n’ai jamais pris de nouvelle de Io depuis ce jour où nous nous sommes quittés, au bord de la Mer Méditerranée, dans le vent et dans le soleil couchant du printemps. Io laissait pousser de la bourrache (borago) derrière cette serre que nous avons mis des jours à construire. Il disait : « On prend toujours une partie seulement de la plante, on laisse pousser le reste, toujours. C’est vrai pour les oignons, pour les poireaux, pour les salades, pour beaucoup de plantes. Et lorsqu’on désherbe, on fait le tri : les plantes toxiques sont très rares ici. Alors quand on désherbe, on mange toute cette verdure. C’est vrai pour les plantes, c’est vrai pour la vie. » Voilà le dit de Io, maintenant rendu aux possibles.

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