journal permanent | 2 novembre 2017

jeudi 2 novembre 2017, par sebmenard

Bernard Friot, dans Le Monde diplomatique de nov. :

 « Ce qui vaut, ce qui est considéré comme du travail dans l’espace infini des activités humaines, n’est rien d’autre qu’une convention décidée par les rapports sociaux. L’activité « conduire des enfants » à l’école n’a pas de valeur économique si les parents s’en chargent. Mais elle en acquiert une lorsqu’elle est confiée à une assistante maternelle. Il s’agit pourtant du même travail concret. Le discours capitaliste ne nie pas l’utilité des parents qui éduquent, des retraités qui s’activent et des soignants qui sauvent. Mais il identifie la production aux seules activités menées dans le cadre de la subordination à un employeur propriétaire de l’outil de travail, en vue de la mise en valeur d’un capital. N’importe quelle activité pourrait être validée socialement comme travail, mais cette validation fait l’objet d’une irréductible lutte de classes : ceux qui déterminent si telle ou telle activité constitue ou non un travail détiennent le pouvoir sur la production. Ils décident qui produit, ce qui est produit, où, comment et pour combien. La classe dirigeante ne tire sa puissance que de la maîtrise du travail. Conserver cette maîtrise l’obsède : sans elle, pas de profit. »

 « Sans doute sera-t-il difficile de persuader les patrons de petites et moyennes entreprises de se faire hara-kiri en tant que propriétaires de leur société. Toutefois, leur adhésion idéologique au régime actuel se trouve percutée par leur expérience concrète de l’obligation qu’il leur fait de se maltraiter, ainsi que leurs salariés, pour payer la rente des prêteurs ou des propriétaires des lieux. Dans le nouveau régime, l’entreprise ne serait plus « la leur », au sens où elle ne serait plus leur patrimoine, mais ils seraient copropriétaires d’usage, au même titre que les autres salariés (qui ne seront plus « leurs » salariés), d’un outil de travail devenu patrimoine collectif. »


Au jardin à amasser des feuilles. J’aimerais connaître le nom de cette sorte de radis sauvage (radicelle ?).


Villes (ou Forêts) : il doit s’agir d’un truc flou, les morceaux, des morceaux, fait de morceaux. Et de voix, plus de voix. S’autoriser tout le pronominal, c’est une autre affaire. Peut-être que ça pourrait venir. Ou pas. Je ne forcerai rien. Dialogue, discours, parole, note, récit, fragment, c’est tout ça alors ? (la poésie) En publier des fragments : en revue ? sur le site ? Là, maintenant, l’impression d’être face à un truc loin de, écarté, ailleurs, que je saisis pas. Quelques morceaux oui, quelques morceaux.


Quelques pages du Camp des autres (Vinau) :

 « Un feu, c’est comme une famille. Ça te brûle la peau et te chauffe l’échine. La lumière toute parsemée d’obscurité s’écroule en pluie grise. La nuit arrive comme de la neige sur un pré. Les flammes prennent de l’assurance, s’étirent, dansent au milieu des ombres de la forêt. » (p. 29)

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