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vendredi 20 septembre 2019, par sebmenard

et si qu’un poème tente de vaillamment de s’obstiner à tenir debout sur le vent des misères, des tristesses, des coups raides, des écorchés, des brisés, des cassés, des malmenés, et de phrases bancales en bazar d’idées ou de violences en uppercut — si qu’un humain s’y essaie et vérifie combien de temps tenir debout sur le vent oui, si celui-ci a parcouru des montagnes et des forêts, s’est nourri de grands arbres, de vieux sages, ce que d’une certaine manière un poète ou un humain, un travailleur social, pourra s’employer à restituer — restituer au cosmique et à la poussière, ou à d’autres frères humains à qui on doit cette forme d’écoute — à eux tout comme à la renoncule à feuilles d’ophioglosse, plante sauvage rare des prairies sauvages et ouvertes15 — si que.

  1. Marielle Macé, dans Nos cabanes, Verdier, rappelle que Rémi Fraisse, mort à Sivens suite à un tir de grenade offensive par les forces de l’ordre, étudiait au sujet de cette fleur. ↩︎
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