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Autour du mot « pouvoir » | un chantier

lundi 21 novembre 2011, par SebMénard

Nos amis du Collectif Citron nous ont invités à réfléchir autour du mot pouvoir. Et c’est un chantier pour l’année 2012. Je réponds ici, dans le Spip. Ancé t. a créé une série de pages web, visibles ici.

Une série d’images

La première étape, c’est une série d’images autour de ce mot. Comme à mon habitude, c’est répondre par l’écart. D’abord parce que l’idée est complexe. Et parce que c’est un exercice tout à fait inhabituel, pour lequel je n’ai peut-être aucun talent.

Barbelés, Ramallah.

Cette photographie a été prise à Ramallah, au cours de l’été 2010. Ce qu’elle montre de pouvoir pour moi n’a absolument rien à voir avec la situation politique à Ramallah. Il serait d’ailleurs sans doute plus approprié de ne pas dire d’où provient cette photographie. C’est une photographie de barbelés, et derrière le soleil tombe auprès d’un immeuble. C’est une photographie noir et blanc et donc, les barbelés se détachent fortement noir noir dans le ciel gris blanc. Cette image est peut-être trop dure, et ce qu’elle suggère dans l’imaginaire de chacun, ça sera quoi ?

Chaise, Mer Noire.

Cette image date de 2011. Durant le mois de mai, on parcourt une plage vide de Constanta, en Roumanie au bord de la Mer Noire. Le négatif est abîmé. Mauvais traitement au développement. C’est la mer et les vagues sont faibles. C’est l’aspect noir et dur, presque démesuré, des montants de la chaise de surveillance, et leurs pieds enfoncés dans le sable. Au loin on distingue faiblement quelques industries. L’espace imaginaire me paraît plus large. La chaise de surveillance, on peut monter dessus, et regarder au loin. Au loin, c’est la mer. On peut aussi être à côté. Et tout ça n’est pas très clair, ça reste flou.

Un oiseau dans le ciel, Mer Noire.

2005. C’est mon premier voyage. J’ai déjà parlé de tout ça et cette photographie est déjà apparue sur ce blog. L’écart est encore plus grand ici. Alors il est où, le mot pouvoir. L’oiseau, c’est l’inverse peut-être, ou bien tout à fait ça, exactement. Je n’ai pas de réponse. Mais il y a quelque chose à voir avec le mot pouvoir.

Sur le chemin, route entre Draganesti-Olt et Stoicanesti, Roumanie.

Avec cette image, on est au plus proche de ce qu’il y a d’actuel. Ce chemin, c’est presque tous les jours, sur le chemin pour aller bosser. Ce n’est pas du bitume, c’est de la terre. Ce n’est pas tout à fait droit et le ciel n’est pas au plus beau. Ce qu’il y a au loin, c’est rien, sans doute quelques arbres, et au premier plan les plantes sont sèches mortes mortes d’un été passé, à travers les herbes vertes de l’automne naissant.

Un oiseau, côte de la Mer Noire, Bulgarie.

C’est la seule image qui montre un homme au moins, et deux personnages sans doute. Mai 2010, sur le côte de la Mer Noire, nous visitons des stations balnéaires vidées de leurs touristes, la saison ne reprendra vraiment que dans quelques semaines : un homme, il s’assoit contre cet oiseau en béton, le vent souffle vraiment froid. C’est une image manquée : l’arrière-plan est trop complet, on ne distingue pas bien l’essentiel, pourquoi je voulais cette image, c’est à dire ce type assis dans sa veste noir, penaud contre un oiseau en béton. D’ailleurs, j’ai longtemps cru que cet oiseau était un poisson.

Horizon Mer Noire, Bulgarie.

Même jour, l’horizon mer noire en Bulgarie. Le temps était vraiment humide et brouillard. La mer à l’air calme, et la photographie est vraiment très abîmée. Tout est dans cette phrase.

Le mot « pouvoir » | réfléchir en chantier

Ce que ça appelle, le mot pouvoir, c’est pas clair. Parce que quelque chose s’est déclenché depuis que je vis ici, ça résonne exactement. Je veux dire, ça reste un chantier. L’énergie qui est dedans c’est celle d’une violence, un tas de mots sourds qui reviennent sans cesse, et qui se cachent derrière d’autres. Après, au moins une question : est-ce que c’est possible de parler de ça ? Cette question vaut pour moi : est-ce que je peux le faire, est-ce que j’en suis capable ? Elle a aussi une autre dimension : qu’est-ce qu’on s’autorise ? C’est un mot qui possède en lui un danger, c’est celui du politique. Alors là, on a une route pleine de pièges. L’enjeu, ça reste l’idée d’un chantier. Est-ce qu’il n’y a pas un danger alors, à terminer les choses ?

Cut up

Et puis pour continuer le chantier : un cut up en cours. Je n’ai rien inventé là, c’est seulement prendre des titres ou des morceaux d’articles, dans la presse web, et puis avec l’outil capture d’écran, faire des images et les coller les unes après les autres : avec le logiciel Gimp, en collant toutes ces captures d’écran, ça donne un fichier Gif, et les mots défilent les uns après les autres. C’est ici, juste en dessous, là où ça en est. Qu’est-ce que ça donnera, aucune idée, c’est un chantier.

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