trajet, 4

mercredi 5 janvier 2011, par sebmenard

« la bête qu’est là morte sur’l’bitume » - tu l’as pas prise en photo de toutes façons pas’l’temps d’la prendre en photo et puis dans l’noir noir du matin c’est vraiment pas la peine d’y croire - à faire une photo à cette vitesse là et finalement la photo tu l’as faite comme ça t’as pris d’quoi noter et t’as écris « la bête qu’est là morte sur’l’bitume » et tu t’es dit qu’avec ce bout’d’phrase ça pourrait partir loin mais finalement t’avais tout là dans ce pt’it bout’d’phrase et t’avais plus rien non plus - ni même Scott H. Biram à fond dans les baffles ni même les vibrations du moteur ou encore la pluie sur’l’pare-brise et les essuie-glaces bien raides - le bruit qu’ils font il est vraiment temps d’en changer - voilà t’étais en train d’penser à tout ça - à rouler pour aller au travail et dans la nuit c’est apparut sur’l’bitume noir gris éclairé par les phares une bête bien éclatée - et l’sang la couleur c’est ça - liquide rouge sur le bleu noir du bitume dans la nuit bien froide du matin d’janvier - la couleur du sang sur’l’bitume et Scott H. Biram dans les baffles et le bruit qu’ça fait quand les roues - parce que t’as pas pu l’éviter - le bruit qu’ça fait et la pt’ite secousse on la sent à peine parce que tu sers bien le volant tu l’as dans les mains et t’as l’regard bien dans le loin voilà c’est ça - t’as l’regard dans le loin et tu l’as vu la bête mais même pas la peine à cette vitesse là t’es passé d’ssus faut dire qu’elle était déjà morte - ça t’reste le bruit qu’ça fait la pt’ite secousse et liquide rouge sur le noir - sur le parking tu écris : « la bête qu’est là morte sur’l’bitume ».

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