contes froids | avec photos

lundi 6 février 2012, par sebmenard

Ce texte a été écrit sur Twitter les 4 et 5 février 2012 - photos prises à l’iPod. Je ne fais pas beaucoup de photographies à l’iPod. Et première fois que je publiais des photos ainsi sur Twitter. A relire, on constate la liberté que donne l’outil, le dispositif. Ajouter le grand froid ici, et cette atmosphère particulière de neige et de gel. Donc, l’ensemble des photos et textes publiés sur Twitter sont ici, avec quelques corrections et un bonus.

ça avait commencé comme ça - pour ne plus se perdre ils avaient posé des rails alentour

aux abords des villes aux abords des lieux de ravitaillements - ils avaient posté des hommes et des uniformes

pour le peuple ils disaient ces tuyaux apportent le chauffage - c’était leurs trésors quotidiens - et le froid

certains essayaient d’autres routes - sur les écrans ils leurs donnaient des noms différents - on en parlait peu

entre les villes les fleuves restaient immobiles - le ciel -beaucoup ne savaient plus ce que c’était le ciel - griblanc

ils acheminaient leurs informations par câbles et d’autres moyens - dans chaque lieu de vie ils posaient leurs machines

pour certains c’était comme une grande plaine blanche et froide - qui se savait encore vivant - qui y pensait vraiment

aux abords des villes ils laissaient rouiller leurs usines - on entendait tout de même le son des machines et hommes

derrière les murs en béton des bêtes - elles arpentaient les plaines à la recherche de leurs viandes

certains marchaient entre les murs entre la ferraille - ils ne parlaient plus ils ne voyaient plus - ils avaient faim

ils avaient pensé construire une autre vie sous terre - leurs lampes elles étaient blanches et pas assez pour eux

il arrivait qu’on croise une machine - on n’en découvrait rien - restait pour nous tous ici seulement les couleurs

leurs couloirs étaient vides - qui osait ouvrir les portes brunes - ceux qui avançaient suivaient des signes étranges

par endroit - c’est comme s’ils avaient tous quitté les lieux - et la nature était à nouveau là - blanche et noire

ils avaient alors mis en place des centres spéciaux - des centres pour reprendre confiance - ils appelaient ça trust center

les fleuves étaient alors le lieu des rejets - ils cachaient tout ça sous le gel - à l’horizon c’était les fumées

pourtant tout était clair - des compteurs avaient été fixés dans les villes - et les chiffres défilaient lentement

avec un peu de chance - on pouvait distinguer ce qu’il restait d’une autre époque - c’était des ruines

depuis nos fenêtres on voyait peu - les bâtiments au loin restait inquiétants dans le flou - n’avaient pas de noms

ils disaient que c’était pour des raisons de sécurité - c’est pour ça qu’ils surveillaient les machines à communiquer

les arbres - même les arbres étaient nus presque morts - longtemps qu’on avait pas vu leurs feuilles et leurs fruits

ils avaient construits des immeubles bons marchés - mais les habiter n’était pas possible - leurs portes rouillaient

dans les nuits - on ne distinguait plus rien - parfois au loin quelques lumières - et pas de noms pour les nommer

il arrivait qu’on puisse observer leurs entrepôts - qu’est ce qui était là - derrière leurs murs en ferrailles - quoi

certaines nuits c’était pire encore - comme s’ils avaient voulu tracer des routes pour nous tous - et qui pour crier

peut-être que c’était déjà trop tard - leurs yeux étaient partout - et quoi pour se battre

sur les écrans plats ça s’affichait sans fin - c’était le bonheur - c’était magnifique - c’était le bonheur.

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