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Le mini-bus jaune quitte le camp et c’est la nuit

mardi 18 janvier 2011, par sebmenard

seconde version

Le mini-bus jaune quitte le camp et c’est la nuit — les types sont dans la rue qui fument des clopes tous assis sur les chaises ou debout comme ça sur le bitume et le béton est là plein de poussière  [1] — il y a les néons verts [2] sur le minaret de la mosquée et tu marches seul dans la rue — et tu es heureux de marcher comme ça seul dans la rue d’avoir le vent frais de la nuit d’août dans la gueule — et la sueur sèche sur ta chemise [3].


première version

le mini-bus jaune quitte le camp et c’est la nuit - les types sont dans la rue qui fument des clopes tous assis sur les chaises ou debout comme ça sur’l’bitume et l’béton qu’est là plein’d’poussière (1) - (3) - y’a les néons verts sur le minaret d’la mosquée (4) et tu marches seul dans la rue et t’es heureux d’marcher comme ça seul dans la rue d’avoir l’vent frais d’la nuit d’août dans la gueule et la sueur sèche sur ta chemise (6).

1. encore qu’une fois et ça t’avait plutôt surpris qu’ils soient là à dépecer une vache - elle était là ils l’avaient pendue par les pieds et’l’sang partout les néons verts y’avait ça aussi les néons verts les coups’d’klaxon et le bruit d’une télé derrière les types chez’l’barbier (2)

2. une autre fois la vache pendue par les pieds entre Naplouse et Ramallah enfin vraiment plus au Nord - plus près de Naplouse même - avec le soleil comme ça qui’t’vient en pleine gueule la clim dans l’mini bus - la bête à l’accrochée par une patte c’est une vache blanche noire la peau à l’éventrée immense le corps d’la bête un gosse à côté un type il met sa main d’dans un taxi s’arrête là tout près deux gars - ils sont assis derrière ils regardent comme on dépèce comme on découpe le sang - rouge rouge sur le trottoir dans le grand ciel jaune

3. enfin l’idée c’était d’parler du vent frais d’la nuit à travers la vitre du mini-bus qui quitte le camp retour ramallah mais c’est vrai qu’sans parler du camp et du départ comme ça d’la route qui secoue ça marche pas

4. et c’que ça tremble en toi d’écrire ça les néons verts du minaret d’la mosquée (5)

5. c’est très clair et c’est une autre histoire - enfin pas complètement parce que justement - la première fois qu’t’as mis les pieds ici c’était juste avant ce soir là - il faisait chaud c’était le mois d’août sur damas - et tu sirotais des bières sur le mont quassiun - en bas les mosquées toutes néons verts les phares des bagnoles et la lune dans le noir - tu r’montais tout juste du sud sur les larges bandes de bitume et le soleil

6. tu sais pas vraiment mais pt’êt que c’est pour ça qu’t’es v’nu jusque là - être sûr qu’ça t’nait encore d’être là - d’marcher seul dans les rues d’un camp d’réfugiés et d’sentir la sueur qui sèche sur le tissu d’ta chemise - d’sentir l’vent frais d’la nuit d’août - et d’marcher

Notes

[1] (...) encore qu’une fois et ça t’avait plutôt surpris qu’ils soient là à dépecer une vache — elle était là ils l’avaient pendue par les pieds et le sang partout les néons verts il y avait ça aussi les néons verts les coups de klaxon et le bruit d’une télé derrière les types chez le barbier (...)

(...) une autre fois la vache pendue par les pieds entre Naplouse et Ramallah plus au Nord — plus près de Naplouse même — avec le soleil comme ça qui te vient en pleine gueule la clim dans le mini bus—- la bête à l’accrochée par une patte c’est une vache blanche noire la peau à l’éventrée immense le corps de la bête un gosse à côté un type il met sa main dedans un taxi s’arrête là tout près deux gars — ils sont assis derrière ils regardent comme on dépèce comme on découpe le sang - rouge rouge sur le trottoir dans le grand ciel jaune (...)

(...) l’idée c’était de parler du vent frais de la nuit à travers la vitre du mini-bus qui quitte le camp retour Ramallah mais c’est vrai que sans parler du camp et du départ comme ça de la route qui secoue ça ne marche pas (...)

[2] (...) et ce que ça tremble en toi d’écrire ça les néons verts du minaret de la mosquée (...)

(...) c’est très clair et c’est une autre histoire — enfin pas complètement parce que justement — la première fois que tu as mis les pieds ici c’était juste avant ce soir là — il faisait chaud c’était le mois d’août sur Damas — et tu sirotais des bières sur le mont Quassiun — en bas les mosquées toutes néons verts les phares des bagnoles et la lune dans le noir — tu remontais tout juste du Sud sur les larges bandes de bitume et le soleil (...)

[3] (...) tu sais pas vraiment mais peut-être que c’est pour ça que tu es venu jusque là — pour marcher seul dans les rues poussières et sentir la sueur qui sèche sur le tissu de ta chemise — sentir le vent frais de la nuit d’août — et marcher (...)

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