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lundi 22 juillet 2019, par sebmenard

et alors ce serait assez de force pour tenir dans la nuit — ici, je me répète et multiplie mélange re-commence — des petites traces qu’on cherche des petites traces qu’on laisse enfermées, les pauvres, dans un livre : donc il n’y a pas que l’écriture dit mon très vieil et très cher ami ce soir — oui d’accord j’imagine que c’est simple : un abri coûte peu et nous l’habitons disons — puis je pense à Alana Apfel2, puis je pense à Fred Griot, puis je pense à Rick Bass, puis je pense à Jean Giono tous mélangés puisqu’il est venu un grand bruit doux et une fraîcheur : plusieurs voix d’arbres qui parlaient ensemble. Il s’est dit : c’est le vent. C’est de là qu’il a recommencé à vivre 3 — puis j’ai la vision de traces — traces laissées dans la poussière de l’Est, foutue poussière de l’Est, encore poussière de l’Est, les herbes sèches-sèches et cette vision de la poussière comme s’il n’y avait rien d’autre hé ! je pense à François Maspero4, je pense à Jack Kerouac comme si — comme si la vérité était dans les livres comme si — comme si la vérité était là comme si — comme si la vérité existait comme si — comme si la poussière était le réel comme si — comme si le réel était le réel comme si — comme si le réel était là vraiment là comme si — comme si ce n’était pas un soir triste de fin d’été comme si — comme si les poèmes allaient nous sauver les poèmes ne sauvent de rien et le réel est-il un surgissement des lointains ou du temps qui passe ? — un train s’échappe au loin — serrons nous.

  1. Apfel, Alana, Donner naissance, Éditions Cambourakis. ↩︎
  2. Jean Giono, Regain ↩︎
  3. Je pense au Balkans-Transit de François Maspero, aux éditions du Seuil. ↩︎
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