journal permanent | 25 octobre 2020

dimanche 25 octobre 2020, par sebmenard

Est-ce qu’il y a des mots qui reviennent trop souvent ? As-tu envie de les dire ? Ou alors, tu préfères, toi aussi, t’en débarasser ? D’ailleurs, peut-être est-ce l’occasion de se débarasser de la parole ? La situation peut-elle nous aider à penser cette parole ?


Est-ce qu’il t’arrive de ressentir ce qu’on appelle de la « nostalgie » ? Est-ce plutot le soir, ou la nuit, lorsque tout est immobile et silencieux ? Est-ce le matin, lorsqu’enfin le jour vient à nouveau et que, finalement, tout recommence ? Et cette nostalgie, a-t-elle le goût d’une saison passée ? Celui du temps qui file ? Celui de l’envahissement par le souvenr d’une saison finissante ? Ou alors, est-ce quelque chose de plus grand, de plus complexe, a priori inexplicable ? Une chose obscure ? Une boue vitale et poisseuse ? À propos de la nuit : comment vois-tu désormais la nuit ? Est-ce qu’elle te manque ? Si elle remue, car la nuit remue, peux-tu décrire comment ? La nuit, toujours, comment l’habites-tu ? Comment vois-tu en dedans ? Est-ce qu’elle brûle encore ? Est-ce qu’elle signe ?


Il y a les sons, les bruits, aussi. D’autres bruits continuent. Qu’est-ce qui te traverse quand une sirène hurle dans la ville ? Te trouves-tu pollué par le son des aéronefs ? As-tu désactivé les notifications de tes objets connectés ? Sais-tu quoi faire de ce silence immense et plein qui nous revient à chaque vague désormais ? Peut-on encore utiliser le mot « désormais » ? Ne faudrait-il pas, précisément, s’en remettre à notre de « devenir » de silence et de tendresse, d’attention, de soin et d’écoute ? Alors, à quoi faut-il renoncer ?

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