journal permanent | 21 août 2018

mardi 21 août 2018, par SebMénard

doit-on s’inquiéter
d’un silence
soudain ?


Antoine Emaz écrit « Les années font gagner un peu en savoir-faire, mais ce dernier enlise aussi parfois. Reproduire ce qu’on sait faire, ce qu’on a déjà fait, rend alors assez dérisoire d’ajouter un livre aux livres ». dans D’écrire, un peu, ce qui fait que j’aimerais bien le lire (voir la note de Jean-Pascal Dubost).


Arnaud Maïsetti :

 « Je passe chaque jour devant la plage de Pointe Rouge, si abandonnée l’hiver : pendant deux mois, chaque mètre est occupé par un corps. Le corps l’occupe comme on occupe des enfants : en hurlant donc, ils hurlent de réclamer du repos. Je passe sur les hurlements aussi et je pense à la maison abandonnée près de l’autoroute, au sud de Salon de Provence. »

ou ça :

 « Je pense à cela, devant la maison abandonnée sur laquelle tombera bientôt l’orage, dans les bruits de l’autoroute, les cris des cigales, les bavardages du réel, les lâchetés politiques, les courages d’affronter les lâchetés, tout ce qui manque, tout ce qui se refuse, tout ce qui m’éloigne tout à la fois de l’abandon et de son abandon, toute la solitude qu’il faudrait pour renoncer à la solitude. L’orage est tombé sur cela. Il n’a pas plu. Je suis rentré. »

Le lire là : la tentation de l’abandon.

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