Monstre des chemins | 21

mercredi 5 août 2015, par sebmenard

On traverse un défilé des gorges des montagnes et des routes — on avale des flottes et des mouches — on raconte les histoires des temps passés et des bêtes qui vivent là — on déclenche un obturateur — on passe un col on ramasse des fruits on croque des pommes on observe le soleil et les ombres — la route et les roches — nos peaux nos bouches

on file on traverse une ville on parcourt un chemin des pierres et des sables — on avale du cerf et des mots — des récits — des silences — on cherche des bêtes elles nous passent là devant parfois et tout s’éteint s’embrase jaune orange des soirs d’été — alors on arrive auprès du fleuve et des sables — alors on ouvre un robinet et on se lave là — on perd nos sueurs et nos poussières — on essore nos corps et nos fatigues — on rince tout — à l’eau froide des plaines de l’est

on pense au nom des plaines — à celui des insectes — puis on s’endort là — sauvagement.

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