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Au virage le camion a mis un coup de volant sur la gauche

dimanche 23 janvier 2011, par sebmenard

seconde version

Au virage [1] le camion jaune a mis un coup de volant sur la gauche c’est parce que il y avait un caillou [2] là — une poubelle brûle [3] dans la nuit et on ne sait même plus ce que ça sent [4] avec le frais avec la sueur sur les corps d’habitude il y a le coucher de soleil sur la montagne en face [5].


première version

au virage (1) le camion jaune a mis un coup de volant sur la gauche c’est parce qu’y’avait un caillou (2) là - une poubelle brûle (3) dans la nuit qu’on ne sait même plus ce que ça sent (5) avec le frais avec la sueur sur les corps d’habitude y’a l’coucher d’soleil sur la montagne en face (6)

1. c’est un virage bien serré à gauche on va dire pt’êt 70 degrés c’est tout de même important de le dire parce que y’a beaucoup d’virages dans l’genre là-bas et le bitume est tout lisse qui se fait aplatir chaque jour asphalte

2. mais un petit caillou parce que ça arrive qu’ils en mettent de gros avec autour des panneaux d’ssus c’est écrit quoi danger sauvages un truc assez sale et ils te barrent une route comme ça aussi

3. à Ramallah les poubelles brûlent (4) les types ils viennent - tu sais jamais vraiment quand et ça m’étonnerait pas qu’ils attendent la nuit - ils allument et ils s’en vont alors parfois les flammes immenses comme ça jaune dans le noir noir de la nuit et ça sent ou alors c’est au matin il reste encore des sacs des morceaux de quoi tu passes à côté et des gouttes de plastique fondues - elles s’écrasent sur le bitume

4. et Dany qui croyait que c’était la maison qu’avait pris feu il avait fini par ouvrir une Taybeh dans la cuisine et les fenêtres grandes ouvertes ils demandaient d’où ça venait cette odeur de cramé toi tu pensais à la carcasse de poulet qu’était dans le conteneur

5. et quand tu marches dans la ville le soir quand les rues sont vides toutes et crasse le bitume des trottoirs de tes mondes et tu marches - tu marches dans la nuit et le vent frais dans la pleine fatigue de l’été une voiture passe qui grésille les baffles usées la poussière pare-choc

6. et on pourrait tout reprendre la sortie la place du village au camp la mosquée les néons verts la vache qu’est retournée dans la rue et le sang qui pisse - le vent frais du soir d’août les camions jaunes qu’attendent pas longtemps et que tu montes dedans et que tu sors 3 shekels et que tu les fais passer à celui de d’vant - le bruit des pièces qui passent d’une main à l’autre - le camion qui démarre (7) les bosses ça te secoue le portique d’entrée du camp la route qu’est interdite aux plaques blanches vertes le virage qu’est serré à gauche et là plein soleil alors t’avais ton appareil et t’as appuyé sur le déclencheur parce que y’a toujours quelque chose d’excitant à appuyer sur le déclencheur de l’appareil photo en plein soleil

7. et la fois où t’attendais dans le mini-bus jaune les types ils ont dit c’est peut-être l’armée personne parlait.

Notes

[1] (...) c’est un virage bien serré à gauche on va dire peut-être 70 degrés c’est tout de même important de le dire parce qu’il y a beaucoup de virages dans le genre là-bas et le bitume est tout lisse qui se fait aplatir chaque jour asphalte (...)

[2] (...) mais un petit caillou parce que ça arrive parfois ils en mettent de gros avec autour des panneaux dessus c’est écrit quoi danger sauvages un truc assez sale et ils te barrent une route comme ça aussi (...)

[3] (...) à Ramallah les poubelles brûlent les types ils viennent — tu sais jamais vraiment quand et ça m’étonnerait pas qu’ils attendent la nuit — ils allument et ils s’en vont alors parfois les flammes immenses comme ça jaunes dans le noir noir de la nuit et ça sent ou alors c’est au matin il reste encore des sacs des morceaux de quoi tu passes à côté et des gouttes de plastique fondu — elles s’écrasent sur le bitume (...)

(...) et Dany qui croyait que c’était la maison qui avait pris feu il avait fini par ouvrir une Taybeh dans la cuisine et les fenêtres grandes ouvertes il demandait d’où ça venait cette odeur de cramé toi tu pensais à la carcasse de poulet dans le conteneur (...)

[4] (...) et quand tu marches dans la ville le soir quand les rues sont vides toutes et crasses le bitume des trottoirs de tes mondes et tu marches — tu marches dans la nuit et le vent frais dans la pleine fatigue de l’été une voiture passe qui grésille les baffles usées la poussière pare-choc (...)

[5] (...) et on pourrait tout reprendre la sortie la place du village au camp la mosquée les néons verts la vache retournée dans la rue et le sang qui pisse — le vent frais du soir d’août les camions jaunes qui n’attendent pas longtemps et que tu montes dedans et que tu sors 3 shekels et que tu les fais passer à celui de devant — le bruit des pièces qui passent d’une main à l’autre — le camion qui démarre les bosses ça te secoue le portique d’entrée du camp la route interdite aux plaques blanches vertes le virage serré à gauche et là plein soleil alors tu avais ton appareil et tu as appuyé sur le déclencheur parce qu’il y a toujours quelque chose d’excitant à appuyer sur le déclencheur de l’appareil photo en plein soleil (...)

(...) et la fois où t’attendais dans le mini-bus jaune les types ils ont dit c’est peut-être l’armée personne parlait (...)

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