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Mais aujourd’hui le soleil est déjà couché

mercredi 26 janvier 2011, par sebmenard

seconde version

Mais aujourd’hui le soleil [1] est déjà couché mais aujourd’hui il est un peu plus tard mais aujourd’hui c’est la nuit [2] — les phares [3] n’éclairent pas loin et les virages [4] ça bouscule le vendeur de pastèques [5] sur la gauche [6] et la ville là-bas.


première version

mais aujourd’hui le soleil (1) est déjà couché mais aujourd’hui il est un peu plus tard mais aujourd’hui c’est la nuit (4) - les phares (6) n’éclairent pas loin et les virages (7) ça bouscule le vendeur de pastèques (8) sur la gauche et la ville là-bas (9)

1. comme il est chaud et la sueur un jour à parcourir la ville les appareils photos à la main à parler sous le soleil et l’air qui te prend en entier chaud - et quand même le vent de la montagne et les bagnoles la sueur dans nos cous sur la peau à traquer des collages absents (2)

2. la première fois que tu l’as vu tu rentrais du boulot et t’y pensais même plus la ville t’avais happé tout entier avalé avalé - il faisait chaud c’était un après-midi vers 14h30 la ville s’agitait sur la place là-bas et en tournant à gauche t’as levé la tête et il était là Mahmoud il était là collé sur le mur (3)

3. après pas compté le nombre de fois pour essayer de prendre une photo

4. tu as les étoiles autour et ramallah est une bulle tu as les étoiles tout autour et tu as la tête contre la vitre du camion jaune - ça tape un peu cogne le bitume et tu entends le moteur jusque dans le frais de la vitre - tu ne sais plus vraiment ce que tu regardes est-ce que c’est ta gueule dans le reflet de la vitre celle de ton voisin ou bien les étoiles là-bas Ramallah les étoiles (5)

5. c’est un autre jour et tu es seul sur la terrasse de la maison y’a les antennes de ce qu’on nomme une colonie en face des points rouges dans le noir - y’a la lune un peu plus haut et les étoiles autour tu ne fais rien - tu es assis sur les marches en pierre devant la maison et tu regardes Ramallah les étoiles autour le vent frais dans les oliviers les pétards au loin - les coups de klaxons les bagnoles les chats errants

6. c’est une autre nuit et le vin rouge - en sortant il t’avait dit tu conduis alors t’as conduis et le chien allait devant derrière sans cesse les vitres ouvertes à filer sur le bitume encore chaud de la ville à la sortie du virage près du camp les gyrophares - et des types tous à attendre leurs fusils mitrailleurs leurs vêtements verts sous le jaune jaunes des lampadaires - l’odeur d’une poubelle qui brûle - les pneus crissent dans le noir

7. tu t’es dit qu’on pourrait bien parler des virages puisque toutes les routes pleines de virage et puis finalement c’était tellement près des pastèques ce grand virage finalement ça vient plutôt comme ça pastèque

8. dans le virage en quittant la ville par la seule route vers le nord le grand virage où les types se doublent comme ça à fond dans le virage - et les pneus crissent et les moteurs chauffent et les corps tremblent dans les petits camions jaunes - il s’arrête au virage et gueule dans sa langue à lui qu’il veut de la pastèque et en accélérant il mord dans la pastèque et en tournant il passe la pastèque et en freinant il dit mangez mangez et les pépins tombent sur les sièges de cuir chaud

9. un soir en rentrant dans le même virage il est passé et il a gueulé dans sa langue à lui qu’il y avait une jeep de l’armée - t’as pas tout compris parce qu’il parlait dans sa langue sinon qu’en voyant la jeep filer dans le chemin la terre poussière l’armée.

Notes

[1] (... ) comme il est chaud et la sueur un jour à parcourir la ville les appareils photos à la main à parler sous le soleil et l’air qui te prend en entier chaud — et quand même le vent de la montagne et les bagnoles la sueur dans nos cous sur la peau à traquer des collages absents (...)

(...) la première fois que tu l’as vu tu rentrais du boulot et tu n’y pensais même plus la ville t’avais happé tout entier avalé avalé — il faisait chaud c’était un après-midi la ville s’agitait sur la place là-bas et en tournant à gauche tu as levé la tête et il était là — il était là collé sur le mur (...)

(...) après — tu n’as pas compté le nombre de fois pour essayer de prendre une photo (...)

[2] (...) tu as les étoiles autour et Ramallah est une bulle tu as les étoiles tout autour et tu as la tête contre la vitre du camion jaune — ça tape un peu cogne le bitume et tu entends le moteur jusque dans le frais de la vitre — tu ne sais plus vraiment ce que tu regardes est-ce que c’est ta gueule dans le reflet de la vitre celle de ton voisin ou bien les étoiles là-bas à Ramallah les étoiles (...)

(...) c’est un autre jour et tu es seul sur la terrasse de la maison — il y a les antennes de ce qu’on nomme une colonie en face des points rouges dans le noir - y’a la lune un peu plus haut et les étoiles autour tu ne fais rien — tu es assis sur les marches en pierre devant la maison et tu regardes Ramallah les étoiles autour le vent frais dans les oliviers les pétards au loin — les coups de klaxons les bagnoles les chats errants (...)

[3] (...) c’est une autre nuit et le vin rouge — en sortant il t’avait dit tu conduis alors tu as conduit et le chien allait devant derrière sans cesse les vitres ouvertes à filer sur le bitume encore chaud de la ville à la sortie du virage près du camp les gyrophares — et des types tous à attendre leurs fusils mitrailleurs leurs vêtements verts sous le jaune jaune des lampadaires — l’odeur d’une poubelle brûle — les pneus crissent dans le noir (...)

[4] (...) tu t’es dit qu’on pourrait bien parler des virages puisque toutes les routes sont pleines de virage et puis finalement c’était tellement près des pastèques ce grand virage finalement ça vient plutôt comme ça pastèque (...)

[5] (...) dans le virage en quittant la ville par la seule route vers le Nord le grand virage où les types se doublent comme ça à fond dans le virage — et les pneus crissent et les moteurs chauffent et les corps tremblent dans les petits camions jaunes — il s’arrête au virage et gueule dans sa langue à lui qu’il veut de la pastèque et en accélérant il mord dans la pastèque et en tournant il passe la pastèque et en freinant il dit mangez mangez et les pépins tombent sur les sièges de cuir chaud (...)

[6] (...) un soir en rentrant dans le même virage il est passé et il a gueulé dans sa langue à lui qu’il y avait une jeep de l’armée — tu n’as pas tout compris parce qu’il parlait dans sa langue sinon qu’en voyant la jeep filer dans le chemin la terre poussière le mot c’était l’armée (...)

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